CAPE/COSCEP : une observation électorale citoyenne au service de la paix et de la démocratie au Bénin

Dans un contexte où la transparence électorale, la participation citoyenne et la paix sociale demeurent des piliers essentiels de la démocratie, le Cadre d’Appui aux Processus Électoraux — CAPE —, en collaboration avec la Coalition des Organisations de la Société Civile pour les Élections et la Paix — COSCEP —, a conduit une mission d’observation des élections législatives du 8 janvier 2023 au Bénin.

Cette initiative s’inscrit dans la vision portée par CAPE-PDH : promouvoir une gouvernance éthique, une démocratie vivante, la paix durable et l’inclusion des couches marginalisées dans le développement national. Le site institutionnel de l’ONG met notamment l’accent sur la gouvernance, la démocratie, les droits humains, la cohésion sociale et l’intégrité électorale comme piliers d’action. 

L’atelier d’analyse et de validation des résultats, tenu le 10 février 2023 à Cotonou, a permis de consolider les observations issues du terrain, d’identifier les principaux acquis du processus électoral et de formuler des recommandations concrètes à l’endroit des parties prenantes nationales et internationales. 

Une ONG engagée pour des élections inclusives, transparentes et apaisées

CAPE/COSCEP regroupe des organisations de la société civile béninoise engagées dans la promotion des élections inclusives, de la paix et de l’enracinement de la démocratie au Bénin. Cette mission d’observation répondait à un besoin important : contribuer à prévenir les tensions, renforcer la confiance des citoyens dans le processus électoral et produire une analyse indépendante fondée sur des données de terrain. 

Avec l’appui technique et financier de l’USAID à travers l’International Republican Institute — IRI —, CAPE/COSCEP a mis en place un dispositif national d’observation couvrant toutes les communes et tous les arrondissements du pays. 

Un dispositif national d’observation structuré et ambitieux

La mission s’est appuyée sur une organisation à plusieurs niveaux, combinant observation de long terme, observation de court terme, collecte numérique des données et validation participative des résultats.

Les chiffres clés témoignent de l’ampleur du dispositif :

Indicateur Résultat
Observateurs à long terme déployés 77
Observateurs à court terme déployés 546
Équipe technique du Command Center 24 personnes
Rapports soumis au total 7 084
Rapports soumis par les LTO 544
Rapports soumis par les STO 6 540
Couverture géographique Communes et arrondissements du Bénin

Les observateurs à long terme ont suivi le processus électoral du 9 septembre 2022 au 5 février 2023, tandis que les observateurs à court terme ont été mobilisés autour de la période du scrutin, du 7 au 8 janvier 2023. Les informations collectées ont été transmises via la plateforme Appolo, selon un calendrier et des formulaires d’observation définis. 

Des activités centrées sur l’observation, l’analyse et le plaidoyer

  1. Observation du contexte préélectoral

Les observateurs ont suivi les principales étapes préparatoires du processus électoral, notamment l’affichage des listes électorales, les activités de la CENA, la formation des agents électoraux, le déploiement du matériel électoral et les interactions avec les parties prenantes.

Cette phase a permis de documenter plusieurs défis, notamment les retards d’affichage, les omissions, les doublons, les transferts d’électeurs vers des centres inconnus ou éloignés, ainsi que les difficultés d’accès à l’information pour certains citoyens. 

  1. Suivi de la campagne électorale et de l’environnement politique

La mission a également observé les activités des partis politiques avant et pendant la campagne électorale. Les meetings, caravanes, rencontres de proximité et activités de mobilisation ont été suivis dans différents départements.

Dans l’ensemble, l’environnement électoral est resté calme dans les 12 départements observés, malgré quelques zones de vigilance liées à l’insécurité, notamment dans certaines localités du nord du pays. Le rapport souligne également l’existence de violences verbales par endroits, notamment liées au genre, sans que des violences physiques majeures n’aient été constatées de manière généralisée. 

  1. Observation du jour du scrutin

Le jour du vote, les observateurs de CAPE/COSCEP ont suivi le déroulement du scrutin dans les centres et postes de vote ciblés. Leur présence a permis de documenter l’ouverture des bureaux, l’orientation des électeurs, les difficultés liées aux listes électorales, l’accessibilité des postes de vote et le comportement des acteurs électoraux.

Dans plusieurs départements, les observations indiquent que le scrutin s’est déroulé dans un climat globalement paisible. Toutefois, des difficultés ont été relevées, notamment l’absence de listes en braille pour les personnes malvoyantes, l’accessibilité limitée de certains centres pour les personnes handicapées, ainsi que la non-localisation de certains électeurs sur les listes. 

  1. Analyse, validation et adoption du rapport

L’atelier de validation a constitué une étape importante de redevabilité et d’apprentissage collectif. Les 12 points focaux départementaux ont présenté leurs rapports de mission, permettant une lecture croisée des réalités observées dans les différentes régions du pays. Le rapport analytique présenté par le chef de mission a ensuite été amendé et adopté par les participants. 

Résultats et impact concret

L’impact de cette mission peut être résumé autour de quatre contributions majeures.

Premièrement, CAPE/COSCEP a assuré une présence citoyenne organisée sur l’ensemble du territoire national. Cette couverture a permis de documenter le processus électoral à partir d’observations remontées du terrain, et non uniquement à partir d’informations institutionnelles.

Deuxièmement, la mission a produit une base importante de données électorales, avec 7 084 rapports soumis par les observateurs. Ces données constituent une ressource utile pour comprendre les forces et les faiblesses du processus électoral.

Troisièmement, l’observation a permis d’identifier des enjeux prioritaires pour améliorer les futures élections : qualité de la liste électorale, information des citoyens, accessibilité des personnes handicapées, renforcement de la formation des agents électoraux, amélioration des outils numériques de collecte et meilleure anticipation logistique.

Enfin, CAPE/COSCEP a formulé des recommandations adressées à l’ensemble des acteurs : gouvernement, Cour constitutionnelle, CENA, ANIP, forces de l’ordre, classe politique, Direction générale des impôts, population, société civile et partenaires techniques et financiers. 

Des recommandations orientées vers l’inclusion et l’amélioration continue

Le rapport insiste particulièrement sur la nécessité de renforcer la participation des jeunes, des femmes et des personnes handicapées au processus électoral. Il recommande notamment la mise à disposition de listes électorales en braille pour les personnes malvoyantes, l’amélioration de l’accessibilité des lieux d’affichage et des centres de vote, ainsi qu’une meilleure sensibilisation des citoyens autour de la vérification des listes électorales. 

Pour la société civile, le rapport recommande de renforcer l’éducation civique, d’organiser des études sur les causes de la faible participation citoyenne et de préparer suffisamment tôt l’observation des élections générales de 2026. Les partenaires techniques et financiers sont, quant à eux, invités à appuyer les organisations de la société civile dans les études sur la participation électorale, l’inclusion des minorités et l’observation des prochaines échéances. 

Un partenariat stratégique au service de la démocratie

La mission d’observation a été rendue possible grâce à l’appui technique et financier de l’USAID à travers l’IRI. Cette collaboration illustre l’importance des partenariats entre organisations nationales de la société civile et partenaires internationaux pour renforcer l’intégrité électorale, la prévention des violences et la participation citoyenne. 

Au-delà du scrutin de 2023, l’expérience met en évidence le rôle central que peuvent jouer les ONG nationales dans la consolidation démocratique : observer, documenter, alerter, recommander et accompagner les réformes nécessaires.

Conclusion : poursuivre l’engagement pour des élections inclusives et crédibles

La mission d’observation des élections législatives de janvier 2023 confirme la capacité de CAPE/COSCEP à mobiliser un dispositif national, à collecter des données de terrain et à produire des recommandations utiles pour l’amélioration des processus électoraux au Bénin.

Dans la perspective des prochaines échéances électorales, notamment les élections générales de 2026, l’enjeu est désormais de consolider les acquis, d’améliorer les outils d’observation, de renforcer l’inclusion des groupes vulnérables et d’élargir les partenariats.

CAPE/COSCEP invite les institutions nationales, les organisations internationales, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les acteurs de la société civile à soutenir les initiatives de veille citoyenne, d’éducation civique et d’observation électorale. Ensemble, il est possible de bâtir des processus électoraux plus transparents, plus inclusifs et plus apaisés au service de la démocratie béninoise.