Le rapport rappelle que le Bénin, longtemps reconnu comme un modèle de transition démocratique en Afrique, a connu à partir de 2016 de profondes réformes politiques ayant généré des tensions au sein de la classe politique. L’élection présidentielle d’avril 2021 s’est donc déroulée dans un climat marqué par des débats autour des réformes électorales, du système partisan et de la participation politique.
À cela s’ajoutait le contexte sanitaire lié à la COVID-19, qui imposait une attention particulière au respect des gestes barrières tout au long du processus. Dans ce cadre, CAPE/COSCEP a articulé son action autour de deux axes complémentaires : l’éducation civique des populations et l’observation du scrutin, depuis la veille de l’élection jusqu’à la période postélectorale.

Le projet s’inscrivait dans le programme d’appui aux élections et au processus politique en République du Bénin. Son objectif principal était d’améliorer la participation et les capacités des organisations de la société civile grâce à une surveillance efficace des processus électoraux.
Deux objectifs spécifiques ont guidé la mission : déployer une mission d’observation citoyenne à l’échelle nationale pour l’élection présidentielle de 2021 et formuler des recommandations basées sur les données collectées auprès des observateurs citoyens, afin d’améliorer les processus électoraux à l’avenir.
Activités principales réalisées
CAPE a d’abord mis en place une équipe de gestion chargée de piloter la mission, d’assurer la coordination avec les organisations partenaires et de suivre l’exécution des livrables. Cette équipe a réuni des profils issus de CAPE, RODD, CAO-Bénin, ADVOCACY, DDM et de l’Université d’Abomey-Calavi. Elle a tenu dix réunions, dont six ordinaires et quatre extraordinaires.
Cette organisation interne a permis de clarifier les responsabilités, d’identifier les ressources nécessaires et de préparer les outils de mise en œuvre.

CAPE/COSCEP a recruté 676 observateurs électoraux, dont 35 affectés au Command Center. Les observateurs ont été sélectionnés avec une attention portée au sexe, à l’âge, à la localité de déploiement et au handicap.
Un plan de déploiement national a été élaboré afin de couvrir les zones ciblées et d’assurer une observation structurée de l’élection.
En coordination avec l’IRI, CAPE/COSCEP a conçu des formulaires pour suivre les différentes étapes du processus électoral : campagne, environnement préélectoral, ouverture des bureaux de vote, déroulement du scrutin, fermeture, dépouillement, compilation des résultats et situation postélectorale.
Ces outils ont permis de collecter des informations de manière standardisée, facilitant ensuite l’analyse et la production de recommandations.
La formation des formateurs a eu lieu le 6 avril 2021 avec l’appui de l’IRI. Les observateurs du Littoral et les membres du Command Center y ont été associés. Les autres formations ont été organisées dans les départements les 8 et 9 avril, puis une formation complémentaire a eu lieu le 10 avril.
En raison des difficultés d’accès au Nord du pays à quelques jours du scrutin, certaines formations initialement prévues en présentiel ont été réalisées en ligne. Cette adaptation montre la capacité de CAPE/COSCEP à maintenir la continuité de la mission malgré les contraintes sécuritaires et logistiques.
Les observateurs de court terme ont été déployés de la veille du scrutin jusqu’à la consolidation des résultats. Les données ont été transmises et compilées via Microsoft Forms, avec un accès sécurisé pour CAPE/COSCEP et l’IRI. Le rapport indique qu’au moins 80 % des formulaires de chaque étape du processus ont été recueillis.
À la suite de l’analyse des données, un nouveau Command Center a été installé le 22 avril 2021 pour corriger certaines erreurs identifiées et renforcer la qualité du traitement.
CAPE/COSCEP a publié plusieurs communications : un communiqué avant le scrutin, une déclaration le jour du vote sur le nombre d’observateurs déployés et leurs lieux d’affectation, puis une déclaration postélectorale présentant les principales conclusions du processus observé.
L’organisation a aussi poursuivi l’observation de l’environnement postélectoral et encouragé les citoyens et acteurs politiques à respecter les résultats et à utiliser les mécanismes appropriés pour toute réclamation.
Le 14 mai 2021, CAPE/COSCEP a organisé une séance de réflexion à l’hôtel Tibi-Libi à Abomey-Calavi avec les organisations et personnes ayant participé à la mission. Cette rencontre a permis d’identifier les points forts, les points faibles et les recommandations pour améliorer les futures missions d’observation citoyenne.
| Indicateur | Résultat |
|---|---|
| Durée du projet | 15 mars – 31 octobre 2021 |
| Observateurs électoraux mobilisés | 676 |
| Membres du Command Center | 35 |
| Réunions de l’équipe de gestion | 10 |
| Formulaires de collecte conçus | 6 principaux formulaires |
| Taux minimal de formulaires recueillis par étape | 80 % |
| Photos de terrain remises au partenaire | 149 |
| Rapport analytique final produit | 1 |
| Infographies intégrées au rapport final | 10 |
| Photos de qualité intégrées au rapport final | 5 |
| Séance de réflexion post-mission | 1 |
Résultats concrets
La mission a permis de documenter le processus électoral de manière structurée, d’observer les principales étapes du scrutin et de produire une base de données utile pour l’amélioration des futurs processus électoraux.
Elle a également renforcé les capacités des organisations de la société civile à surveiller les élections, à produire des analyses et à formuler des recommandations fondées sur des données. Cette approche répond directement aux piliers d’action de CAPE-PDH, notamment le renforcement de l’intégrité électorale, la gouvernance, la démocratie, la cohésion sociale et l’inclusion.
Le projet a aussi permis de produire un rapport analytique final structuré, comprenant notamment une introduction, le contexte, le cadre juridique, les observations quantitatives et qualitatives, les recommandations, les remerciements et un aperçu des travaux de CAPE/COSCEP.
Difficultés rencontrées
Le rapport souligne plusieurs contraintes majeures. La première concerne le délai très court entre la signature du contrat et le démarrage des activités, alors qu’une grande partie des actions devait être réalisée avant le scrutin du 11 avril.
La deuxième difficulté est liée à la perturbation du trafic routier par les manifestations, notamment dans la zone septentrionale du pays. Ces blocages ont empêché la mise en œuvre de certaines activités prévues et la remise de kits d’observation à certains observateurs du Nord.
La troisième difficulté concerne la perturbation du réseau internet, alors que la transmission des données dépendait fortement de la connectivité. Enfin, CAPE/COSCEP n’a pas pu suivre le déploiement du matériel électoral en raison de moyens financiers limités.
Recommandations majeures
Le rapport formule plusieurs recommandations stratégiques. Il appelle d’abord le gouvernement du Bénin à œuvrer pour l’apaisement des tensions politiques, afin de garantir un climat pacifique et de faciliter la contribution de tous les acteurs à l’organisation d’élections crédibles et transparentes.
Il recommande également aux partenaires techniques et financiers d’engager plus tôt les négociations de partenariat, afin de donner davantage de temps à la préparation des projets. Enfin, il plaide pour un financement plus conséquent des projets d’observation électorale, afin de permettre un déploiement plus précoce des observateurs et un meilleur suivi du matériel électoral.
Partenariats et collaboration
La mission a été conduite avec l’appui de l’Institut Républicain International — IRI — et en collaboration avec plusieurs organisations de la société civile. Cette approche partenariale a permis de mutualiser les ressources, les expertises et les réseaux de terrain.
CAPE/COSCEP a exprimé sa reconnaissance à son partenaire principal pour les appuis apportés à la réussite de la mission et a souhaité que cette collaboration se poursuive sur d’autres fronts où l’action de la société civile est nécessaire.
Histoires ou exemples concrets
Le rapport ne présente pas de témoignages individuels de bénéficiaires. Toutefois, plusieurs exemples illustrent l’impact concret de la mission :
Ces exemples montrent une organisation capable de s’adapter, de collecter des données fiables et de transformer l’observation électorale en outil d’amélioration continue.
Conclusion : consolider la démocratie par la veille citoyenne
La mission d’observation de l’élection présidentielle d’avril 2021 confirme le rôle essentiel de CAPE/COSCEP dans la consolidation de la démocratie, de la paix et de la transparence électorale au Bénin. Malgré un contexte politique tendu, des contraintes sanitaires, des difficultés logistiques et des perturbations du réseau internet, l’organisation a su mobiliser des observateurs, collecter des données et produire des recommandations utiles.
Cette expérience montre que l’observation citoyenne n’est pas seulement un exercice technique. Elle est aussi un levier de confiance, de redevabilité et de paix sociale. En soutenant CAPE/COSCEP, les institutions nationales, organisations internationales et partenaires techniques et financiers contribuent à renforcer les capacités de la société civile béninoise, à prévenir les tensions et à promouvoir des processus électoraux plus crédibles, inclusifs et transparents.
CAPE/COSCEP reste ouvert à de nouvelles collaborations pour poursuivre ses actions en faveur de la gouvernance démocratique, de la paix, de la cohésion sociale et de la participation citoyenne.